01 mars, 2019

Le dernier sort


j’en ai déjà causé ici, non ?
j’adorai cette fougère. Quoique, comme dit ma maman ‘on adore que Dieu et … les pommes de terre frites
Bref. Je la surveillais tous les jours étant mino. la bas, dans les années soixante. En sortant de mon CE1 du Parc,
 j’y jetais un oeil pour voir si le djinn qui y habitait avait sorti le sien d’ oeil. 
Vite fait  avant de prendre à la boulangerie cette grosse part de pudding 
en triangle laqué d’une épaisse couche de sucre qui faisait mon quatre heures le vendredi.
Avec les années c’est devenu un rituel. Un clin d’oeil en allant chercher mon pain. 
En plein été au frais ,sous l’épaisse chevelure de son hôte le tilleul. je vérifiais qu’elle était encore la.
j’en ai déjà causé ici, non ? 
peu importe.
je pense même y avoir planqué un ou deux roldats lorsque l’on jouaient  en CM2 aux paquets dans la cour. 
Je me souviens lui avoir raconté mes mauvaises notes et mes rapines de roudoudou chez la mère Lanne. 
Normal on est pays.
Cette semaine passant chercher ma baguette, je suis resté coi.
Scotché est plus le mot.
il était midi, un ou deux vieux de mon âge propageaient leur tristesse devant ce triste spectacle.
Qu’est ce que c’est sentimental les vioques !
Je ne pouvais quitter la fougère des yeux. 
Elle trônait en haut du tilleul démembré. ça se dit démembrer pour un centenaire sans branches ?
Plutôt débranché non ?
Bref, c’est comme si elle avait, avec tous ces pouvoirs accumulés sur cent ans stoppé le bûcheron jusqu’à mon arrivée.
Juste le temps que je lui dise au revoir.
Car, c’est bien notre lot à tous, saluer une dernière fois, puis quitter la scène avec élégance.
On a communier une dernière fois, un bon moment. 
l’humidité soudaine de cette journée de février si ensoleillée, m’a contraint à un replis dans ma dunette 
ou j’ai réchauffé mes pommes de terre frites.
Le soir , je suis repassé. elle avait disparu.
j’ai, sur twitter re posté une citation de Camus comme citation du jour.
“La bêtise insiste toujours” 
Sincèrement, je pense que c’est la nouvelle devise d’Aulnay “SOUS” bois