J’ai déplacé le hamac.
Je l'ai carré sous le figuier .
Celui là même que j’ai ratiboisé cet hiver pour ne pas qu’il s'épanche chez mon adorable voisin.
Du coup, il est reparti bille en tête, le figuier, hein pas l'épistolier.
Il me fournit une large voûte de grandes feuilles vertes foncées qui me donne une ombre bienvenue par ces chaleurs.
Et puis allongé dans le hamac, il y a cette odeur si caractéristique.
S' il existait un parfum à la figue je serai preneur, ça me changerait de cette eau de cèdre dont je ne démord pas.
La brise fait un genre de musique en agitant les longues branches.
Les coquillages du chasse fantôme tournoient avec la brise qui se lève avec le changement de marée.
Je commence à piquer du nez.
Je tope la sonnerie pour dans trente minutes.
J’enlève mes lunettes et allonge la jambe.
Le sac se referme, je pose le téléphone, et cette fois ferme les yeux.
Il n’y a plus que le bruit des feuilles, ou la sonnerie du bateau de la demie qui me retiennent encore une ou deux minutes
Puis je plonge dans la chaleur du noir, qui annonce la sieste du dimanche…
