31 juillet, 2026

Canibus meis

 

Tous les matins je le croise. C'est curieux les bonhommes à chien. Ils ont tous les mêmes manies. Lui a une décennie de plus que moi, ou la vie l’a plus usé.
Il gare son pick-up Land rover deux portes le long du no man’s land.  Certains vieux, blindés, s'achètent des vieilles 911 ou des méharis. Mais je suis plus enclin à comprendre les grigous, comme mon regretté poto Bernard,  qui fondent pour ces vieux 4x4 au bilan carbone aussi lourd qu’un semi-remorque. Je ne suis plus à une contradiction près.
Un gros berger attend sagement à l'arrière de la cabine, alors qu’il pourrait facilement sauter, il n’y a pas de hard top.
On se calcule à trois cent mètres . 
S'il prend à gauche, je pars à droite et vice versa. 
Le soleil vient de se lever, ou presque.
Les surfers dorment encore et tous les vans sont lourdés sur le parking. 
D'façon ce mois de juillet a été un mois désespérant pour les adeptes du 360 ou des back flips.
Je me suis dit tiens je vais faire une note sur tous mes chiens, enfin ceux qui ont partagé ma vie. 
C'est le moindre hommage que je peux leur faire à ces bouts de moi, qui m'ont tant donné.
On va faire chronologique.

Je vous présente plus Molly, en tête de gondole, croisée patou ou berger suisse, qui a doit avoir un karma en béton pour mener une vie de ballades après ses expériences entre les squats et la SPA .


Avant il y a eu les quatorze ans de Buck le 🐶. 
De son vrai nom LOF Faolan pierrot d’amour. 
Ça ne s'invente pas.  
Fantastique australien, grand modèle avec qui j’ai vécu des choses incroyables. Quand je courais encore les bois. 
Monstre d’affection, je pourrais dire qu'il est toujours avec moi, ce qui est un peu vrai, mais je pense souvent à ce qu’il faisait partout où je passe. 
Il a sa statue dans le buffet bleu, réalisée par la quartier maître, et gardée par des fèves qui bécannent avec ferveur pour lui.


Avant lui, ça remonte, il y a eu Menphis, un flat coat retriever qui se prenait pour un homme faute de sevrage. 


J'étais dans une période sans chien depuis le précédent. 
Je me considérait trop instable et barré pour m'occuper d’un kien.
On était parti sur les quais de la seine, ou on vendait encore des animaux, pour prendre un chat pour le bosco, quand,  en passant devant une vitrine elle demande au vendeur de me mettre la boule de poil dans les bras .
 Il n’en sortira plus pendant dix neuf ans, me causant un gros chagrin , qui me rend encore la voix rocailleuse quelques fois.

Avant il y a eu Pomme que j’ai affichée sur un post précédent. Une jolie bâtarde. 


J’ai été responsable de son décès et de douleur j’ai failli rater un virage dans les Landes où il n’y avait pas encore la quatre voies tout du long. J’ai mis du temps à revenir chez les humains et je n'ai pas repris de chien pendant vingt ans, me considérant irresponsable.

Mais dans l’intervalle,je me suis occupé et porté garant de Sarah un bas rouge, encore une réfugiée de la SPA qui tenait compagnie à ma reum et à sa tribu de greffiers.


Elle était bonne gardienne mais ne voyait guère clair, je devais lui parler assez fort en traversant l'allée ou couchée avec le pont arrière levé elle me regardait arriver sans aboyer, dans une fixité pas du meilleur augure...
Après, bibi  toujours garant,  ma daronne a pris Baccara une croisée Labrador grand modèle. Elle me portait un grand coup d’amour comme disent les Québécois.


Quand ma mère a dû rentrer en EHPAD je me suis retrouvé avec deux chiens. Elle a été exceptionnelle jusqu’au bout.

Pour finir je vais évoquer LE cas. Le premier chien de la maison. C'était un petit berger des Pyrénées, un
 Labri, mais il devait être croisé avec un dahu. 

Les loups ou les ours ne se seraient pas approché du troupeau. 
Mon daron l'avait récupéré bébé à la dernière ferme avant le cirque de Gavarnie.
C'était un morceau de nature sauvage à lui tout seul. Un vrai canis lupus. 
Féroce, mais il a eu une jolie vie, mon reup lui cédant tout, même de lui traverser la paume de la main plusieurs fois.
Je ne peux finir sans évoquer les chiens de ma grand mère, dont Tom, un croisé setter auburn,  le plus gentil que j’ai connu, dont je dois avoir une photo quelque part,  nourris au pain et l’eau , et qui faisait des carnages dans la basse cour quand un poule ou un canard tombait dans son enclos, dont il sortait rarement. Autre temps !
Ah ! il y a celui-là aussi. Mais ma foutue mémoire n’a pas retenu son nom.





30 juillet, 2026

Garennes & Graffs

Les flibustiers n'ont pas de parole, que des principes à la con.Voici donc La célèbre maxime, une note chasse l'autre.
Surtout quand je viens de découvrir que je peux éviter de m'user les pouces en enregistrant directement sur le téléphone. Aujourd'hui c'est street art, certes ce n'est pas l'équivalent en volume du musée de la ligne verte  mais c'est régulièrement mise à jour.
Ce matin, pendant que Molly courses les lapereaux de l'année, j'en profite pour prendre deux, trois clichés.
Les petits garennes sont fûtés, il la laisse démarrer à donf à deux cent mètres, prennent un petit départ au galop ne montrant plus que leur sautillant ponpon blanc,  et quand la blanche Diane, se croyant victorieuse, arrive sur leur pont arrière, un petit virage à quatre vingt dix degrés et hop, disparaissent dans un taillis de mûres inextricables.Ces rongeurs ont lu la Fontaine.
Mais on est pas la pour des lapinous de trois semaines.
D’abord il y a ce mot contracté, qui me semble guère Tonbreu. 

Je le vois plus du sud-est vers chez Monsieur 🍓. Ce n'est pas une expression du périmètre. Certainement des graffeurs venus chercher un peu de fraîcheur.
Le diable sur le A du LEGALISE géant qui traîne depuis une paire d'années sur le hangar, je m’y trouve des faux airs. 


Comme j’ai serré le graffeur un matin de juin, il m'a sûrement pris pour modèle. Aha.
Sinon je n’ai pas d’avis sur le mot lui-même. Mon dernier pet est d’avant quatre-vingt. Puis, vu que c’est tellement répandu dans la jeunesse,  je me demande pourquoi l’état ne veut pas se faire une petite taxe la dessus, comme pour le pinard et les clopes.
Ça financerait la lutte contre le réchauffement, ou le reste à charge dl’a sécu qui vient de doubler.
Il y a des mystères. Tant pis les taxes partent à l’etranger.
L'autre matin dans le sentier à la fraîche pas encore huit heures , j’ai vu débouler un vététiste que j’ai d’abord pris pour un grand sportif, avant de renifler dans son sillage, une odeur de sinsemilia à défoncer les frelons asiatiques du périmètre. Pas huit heures, jolie journée.


 

Allez un détail de l’homme à la bulle et je range le portable. Molly n’a pas encore calculé un chevreuil qui vient de traverser  le chemin, il faut que je la rattache , sinon arrivé à sa hauteur elle va plonger pour une heure dans les fougères 



@+



29 juillet, 2026

une cartouche de Juillet septante six, une ...


Tiens, un petit tour il y a cinquante ans. 
Ça vous dit ? 

Beaucoup de monde est nostalgique de ces années soixante dix, enfin septante selon m'ame 👒, voire vintage ce mot si tendance, mais combien ont déjà croisée cette fausse insouciance, ailleurs que dans les friperies ?
En lisant le monde ce weekend, yep,  j'ai décidé de lire une presse papier la semaine, si ça peut aider ma tuefou mémoire.
Bref, le canard parlait du Woodstock français dont des pellicules ont été 'miraculeusement' retrouvées au fond d'une cave parisienne dernièrement. Ces parisiens quels cachottiers !
Moi qui ai usé mes cinq cent un dans pas mal de fêtes et de concerts de l’époque, j’ai raté celui là, trop occupé à courir un béguin platonique à la chambre d’amour. Et puis le mot jazz dans le titre, zik de la génération d'avant, pas de quoi traverser le pays en stop.
J'étais donc bien jeune et con. Et en plus chevelu. je suis toujours assez con, mais les cheveux ont filés avec l'eau du bain des années. Avec de belles camarguaise en prime, dont j'ai racheté une paire y a quelques années et que je garde pour reprendre la route.  Un jour, il faudra bien.
Donc hier, comme il n’y avait rien dans le poste, comme presque tous les soirs, pour éviter le scroll du bosco sur Netflix,  j'ai proposé de regarder ce doc en replay sur franceTV. 
Comme je suis rarement prescripteur, même la mousse, en congé chez ses darons, n’a pas mis son véto.
Un peu d’histoire chasse les préjugés.
Ce reportage est bien foutu, ça permet de revoir le crépuscule des seventies et tout ces chevelus. Il cerne bien l'année et la fin du rêve largué de cette jeunesse vernie.Vernie en rapport de celle d'aujourd'hui je veux dire. 
j'étais grave fauché mais je fut un électron libre.
On croise de grands artistes dans ce reportage, tous ne sont pas là, il manque mclaughlin il me semble. lui je l'ai croisé plus tard à l'euskal jaï, grand souvenir aussi.

Certaines bandes , même avec le concours de l'INA ne sont pas récupérables. Majedo.
Mais la mousse a été impressionnée par la précurseuse feministe Bette Davis. 
Et puis il y a les apparitions de Vander, astre de Magma.
Il faut que je conseille ce bidule à mon pote Pat, qui est un grand fan. 
A propos de ce groupe j’ai une anecdote, tiens.
Il y a quelques décennies je livrais un logiciel au siège d'un groupe de sapes. 
C'était le pilier de ce marché à l'époque. Il a été depuis emporté par la fast fashion, comme tant d'autres.
A l'époque, avant le ternet ou presque, il fallait se déplacer pour installer un logiciel. La préhistoire quoi.
Mais je digresse.
Tout le monde était corporate dans ce foutoir chatoyant. 
Tee shirt siglé, pantalon dernière saison et même les pompes me semblaient fluo.
Je badge la porte du service infos. 
Le responsable informatique à mon âge, la tempe déjà grisonnante. 
Ce qui detonnait un peu dans ce zoo de trentenaires hypes.
Je le regarde un moment, et après les présentations d’usage, je lui lâche

  • C'est pas très corporate de  ce promener avec un tee-shirt de Magma dans ce temple de la mode ?


il sourit et éclate de rire.

  • Personne ici n’est capable de déchiffrer ce sigle. Peut être cela va inspirer les créatifs…

Sourires communs.
Bon donc si vous voulez renifler juillet 1976 et ces tontons toulonnais avec leur coup du banquier, ou si comme bibi, vous avez un coup de nostalgie c’est ici

Sinon j'étais pas trop fan du jazz- rock à l'époque, même encore aujourd'hui d'ailleurs, plus Californien dans ma playlist du sud ouest, à regarder dans le soleil couchant les surfers de la Barre virevolter dans l'écume. Tiens je vous met un cover de ma préférée de juillet 76 comme quoi certaines mélodies durent


Voila, une cartouche de Juillet septante six, une , pour la route. Je me met en off, je m'offre un repos de papy avec une playlist béton.

@+ 



27 juillet, 2026

CR de brok

 
Hier matin je suis sorti dans le monde des humains, je ne vais pas devenir ermite tout de même .
C'est la saison des vides greniers et brocantes.
Avec les touristes dans le périmètre, les spots explosent. 
En grande concurrence cette année avec les vides maisons, ça se tente de plus en plus cette version 'at home' du vide garage. Il y en a même qui, comme sur la rue menant à la brocante, avait sorti un tréteau avec une pancarte SERVEZ VOUS avec quelques objets désormais inutiles, neons et supports, lampes de chevets , outillages...
La dernière brocante que j’avais faite m’avait un peu déçu. 
Peu d'exposants et beaucoup de vinted, je veux dire de fringues.
Là, il y avait un peu plus de stands véridiques. Je trouve que ça dénature un peu les lots de frippes.  Cependant le mousse dégotte une casquette à trois € et un peu plus loin une poupée tricotée assez marrante.


La dame doit y passer ses soirées de tempêtes, y avait du stock.
Son mari à côté était accoudé à sa remorque. Intrigué je m’approche pour reluquer le chargement de la guinde.
Des affaires pour bateaux. 
Un vrai fatras de marin bricoleur. Des rames , une ancre et tout un bardas.
Il commence d’entrée à me faire l’article.

  • Ça, c'est des cales réglables ça supporte une tonne cinq. C'est super pratique pour tenir le ⛵ bateau.

mais je n’en ai pas l'utilité, je ne tiens pas à calfater la voiture.

  • J’ai aussi des poids pour filets de pêche 

me dit-il en mae désignant quatre bidons de deux litres cinq remplis de sable et bardés de cordes vertes.

  • Ils sont excellents, mais je peux plus les relever, a mon âge je n'ai plus la force. 
je le crois a moitié, je ne sais pas si les filets sont encore autorisés pour la pêche des particuliers depuis la loi sur le décompte des poiscailles attrapés. D'ailleurs certains vieux futés disent qu'il n'ont pas l'application ni de téléphone portable pour enregistrer ces prises. Pas de téléphone, mouarf.
  • Ha, sinon j’ai des goupilles toutes neuves. Ça coûte un bras à la capitainerie.
il me sort des gros machins un peu rouillés . Je vous les poses en tête de gondole un fois passé à l'huile.

Je n’en ai pas non plus trop l'utilisation. 
Mais l'objet est sympa. Presse papier ? Ou pour accrocher mes feng shui sous le merisier ?

  • C'est combien ?
  • Deux euros
  • Ok je vous prend ces deux là.

Je continue mon tour.
Un peu plus loin une dame qui roule  les R avec emphase vend des confitures et des chaussettes chaudes en laine tricotées pour l’hiver.
Je kiffe les grosses chaussettes bariolées pour l'hiver, mais le bosco freine mon ardeur dépensière

  • Bonjour, combien les confitures ?
  • C'est cinq eurrRros.

c’est un peu cher, mais les pots sont peu nombreux et avec plein de parfums différents. Et puis l'imposante dame ne semble pas rouler sur l'or.
Elle me vante les mûres, les figues violettes ou blanches.

  • Prenez ceux la, suprême  de citrons 🍋 les gens Rrrreviennent pourRRrrrrr.

Le mousse me fait un signe négatif de la tête.

  • Non, c’est trop acide pour moi, je vais prendre les abricots.
  • Ce n'est pas du tout acide, mais prrrennez les abrRRrrecos c’est les derniers.

je file mes cinq balles et m’empare du pot  sans sourire en regard de l’étiquette.


Je ne suis donc pas le seul à l’orthographe erratique. 
Smiley.
Je n’ai pas encore goûté, je vous dirais si la concurrence de l’est est à la hauteur de MA version de la confiture d’abricot.
Voilà un petit tour dans un vrai vide grenier, avec la foule qui va bien, gratuit, c'est tellement rare aujourd'hui.


Bonne semaine


@+ 









19 juillet, 2026

la sieste du dimanche

 


J’ai déplacé le hamac.

Je l'ai carré sous le figuier . 

Celui là même que j’ai ratiboisé cet hiver pour ne pas qu’il s'épanche chez mon adorable voisin.

Du coup, il est reparti bille en tête, le figuier, hein pas l'épistolier.  

Il me  fournit une large voûte de grandes feuilles vertes foncées qui me donne une ombre bienvenue par ces chaleurs.

Et puis allongé dans le hamac, il y a cette odeur si caractéristique. 

S' il existait un parfum à la figue je serai preneur, ça me changerait de cette eau de cèdre dont je ne démord pas.

La brise fait un genre de musique en agitant les longues branches. 

Les coquillages du chasse fantôme tournoient avec la brise qui se lève avec le changement de marée.

Je commence à piquer du nez. 

Je tope la sonnerie pour dans trente minutes. 

J’enlève mes lunettes  et allonge la jambe.

Le sac se referme, je pose le téléphone, et cette fois ferme les yeux.

Il n’y a plus que le bruit des feuilles, ou la sonnerie du bateau de la demie qui me retiennent encore une ou deux minutes

Puis je plonge dans la chaleur du noir, qui annonce la sieste du dimanche…

17 juillet, 2026

le livre dont on NE sort pas

C’est marrant le fil du bon sens dans le petit monde des blogueurs. 
Cette succession de canicules après leur avoir un peu mis un coup de chaud,  les secouent d’un coup.

10 juillet, 2026

Ondes Caniculaires



Juillet me laisse sur le ventre. 
Cette chaleur me remplit la tête de coton. 
Tout le monde semble fragilisé par cette canicule.
Je me terre dans le noir, comme cette rainette blottie au fond de mon sac de terreau humide que j’ai dérangé en voulant rajouter un peu de sang neuf à mon hibiscus.