08 novembre, 2026

brèves du genre humain.


Il y a déjà une ou deux décennies, déjà, ce blog était celui d’un vieux râleur. Dès que je recroise mes semblables, ça me revient.
Ce week-end j’ai repris un peu de service. 
Bosser au bénéfice des autres est un taf qui convient à merveille à un vieux flibustier sur le départ.
J’ai donc été bénévole pour la banque alimentaire.
Ici ils ont déjà assez de permanent sur l'année .
Mais pour la collecte annuelle, ils font appel au renfort des vieux capitaines, flibustiers et autres traines rapières du périmètre.
Bref, reprendre contact avec les gens, les ‘brancher’ pour la cause des moins favorisés est un brin fatiguant, mais ça m'a passionné pendant un jour et demi. 
La grande majorité, passé le premier contact du ‘Bonjour !’ un brin souriant et tonitruant ,sont à l’écoute.
Ce qui est rigolo c’est que ceux qui pourraient le plus, qui bizarrement font le moins d’effort.
A l’opposé, cette petite dame qui se justifiait avec sa toute petite retraite de huit cent euros de ne donner qu'une boîte de cassoulet et que j’ai longuement et chaleureusement remerciée m’a beaucoup touchée. 
Mais il y a eu forcément quelques exceptions, des nantis,  des grincheux propre sur eux, sapés chez Vuitton, beaux comme des valises quoi !Ceusses la ne répondent pas, et passent sans daigner un regard, les pires.

Et puis au final, il y a l'entre deux, ceux qui ont une excuse à deux balles, qui pensent qu’il vont endormir un croulant de pirate. 

Ceux qui ne peuvent pas, les vrais, me disant très justement : 

 - non ! je ne peux pas !  

Voici donc mon top huit des excuses des relous d’la gratte, mes harpagons de leurs semblables, du plus léger au plus lourd pour la fin. La cerise 🍒 sur l'ignominie celui-ci.

Allons y pour les nazes

Le loin du monde : Non, il y en a qui pourraient se bouger pour travailler. (La majorité des bénéficiaires travaillent, ce qui est plus scandaleux, non ?)

Le mono assoce : moi je donne aux resto du cœur. ( Et alors ? même pas une soupe veloutée à un euro et quelques?)

Le délocalisé : Moi j’ai donné en Mayenne. ( La collecte est annuelle little fonb*)

Le pressé : Je repasse demain, vous êtes là jusqu'à quand ? (C’est peut-être vrai, je suis trop sur l'oeil)

Le menteur du cm2 : Le premier jour à neuf heures trente , un monsieur : j’ai déjà donné dans l’autre supermarché ce matin…(moyenne celle là, comment faire deux supermarché en moins d’une demie heure)

Le professionnel : Un monsieur avec un chariot et un gros rouleau de scotch l'air important : je suis représentant, je ne fais pas les courses…( celui là nous a carrément fait rire sur le coup, voyant cela il n’est pas ressorti par cette porte, le lascar)

L’inévitable complotiste : Je vais vous dire que les dons sont périmés avant qu’ils ne les utilisent et ils sont donnés à des fermes (lui il a pris cher avec l’épisode covid , fessebouc et autres RS)

Enfin, Le winner, le Gagnant du prix, 

le foncedé du vocer **  si bien assis dans l’air du temps: J’habite à côté d’un resto du cœur et je vois bien QUI vient chercher les dons. ( Je lui ai répondu que ce n'était que pour les gens du village, il a blêmi et tourné le dos, avec sa gabardine de cuir à trois mille boules, style schutztaffel revisitée et ses groles à deux smig).

Bref, ce retour à la civilisation m'a revigoré. J'avais presque oublié la présence des minuscules, de ces racornis qui se croient encore vivants mais sont déjà cannés comme il faut avec la pièce de deux € entre les dents pour payer leur place en première chez lucifer. 

Tiens une romance de mes vingt ans.

@+ 



* Fonb :  bouffon de farfadet

** foncedé du vocer :  arriéré du bocal, largué de la comprenette.